Jeux Normands : Les jeux traditionnels normands qui refusent obstinément de rentrer dans le rang (Et c’est précisément tout l’intérêt) 🎯🍏

✔ Jeux traditionnels normands toujours pratiqués dans toute la Manche — de la choule aux palets
✔ Traditions médiévales, vikings et rurales encore bien visibles lors des fêtes de village et des événements locaux
✔ Souvent découverts par hasard — ni programmés, ni mis en scène, totalement authentiques
✔ À découvrir idéalement depuis un hébergement à la campagne près de Coutances, avec la liberté d’explorer à votre rythme

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Première publication : juin 2026

On ne prévoit pas de découvrir les Jeux Normands.

Ce sont eux qui vous trouvent.

Généralement lorsque vous pensiez simplement vous rendre à une paisible manifestation de village… peut-être un vide-grenier quelque part près de Coutances, peut-être une fête estivale dans une commune dont vous ignoriez encore l’existence dix minutes plus tôt, peut-être juste une petite promenade avant le déjeuner qui finit, d’une manière ou d’une autre, par occuper tout l’après-midi.

Et puis il y a un champ.

Et dans ce champ, il se passe quelque chose qui ne ressemble pas tout à fait à un sport, ne ressemble pas tout à fait à un jeu… et ne donne certainement pas l’impression d’avoir une fédération, un contrat de sponsoring ou le moindre intérêt à s’expliquer.

Et pourtant, tout le monde regarde.

Avec attention. 😄

Et pas d’un regard poli, d’ailleurs. D’un vrai regard attentif. Bras croisés. Hochements de tête discrets. Murmures occasionnels. Quelqu’un qui conteste doucement une décision qui a peut-être été prise officiellement… ou peut-être pas.

Voilà votre introduction aux Jeux Normands, ces jeux traditionnels normands qui existent encore à travers la Normandie, particulièrement ici dans la Manche, non pas comme un spectacle… mais comme une partie de la vie quotidienne.

Et si vous vous attendez à trouver des panneaux, des horaires ou un panneau explicatif bien pratique, vous allez être déçu.

Ce qui est, à bien des égards, tout l’intérêt de la chose.


Ce n’est pas un spectacle — C’est quelque chose qui ne s’est jamais arrêté

L’une des plus grandes idées reçues concernant les jeux traditionnels normands est qu’ils auraient été « relancés ».

Certains ont effectivement été réintroduits, oui — notamment grâce à des associations comme la Fédération des Sports et Jeux Normands — mais beaucoup n’ont en réalité jamais disparu.

Ils sont simplement devenus plus discrets.

Moins visibles. Plus locaux. Pratiqués « derrière les haies », comme le formule assez parfaitement l’une des descriptions.

Ces jeux remontent à plusieurs siècles.

La choule est attestée dès 1147.

La tèque trouve probablement ses origines dans des jeux de l’époque viking comme le knattleikr.

Les quilles et autres jeux de quilles étaient pratiqués dans toute la Normandie jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, souvent à l’occasion de foires, de rassemblements agricoles ou — et c’est important — de paris.

Parce qu’au fond, soyons honnêtes.

S’il existe un jeu, quelqu’un, à un moment donné, a forcément décidé d’y miser de l’argent.

Souvent de petites sommes. Parfois… un peu moins petites.

Certains jeux se sont essoufflés au XXe siècle — exode rural, réglementation, évolution des modes de vie — mais ils n’ont jamais complètement disparu.

Et aujourd’hui, grâce aux associations locales, aux écoles et à un regain d’intérêt pour l’identité régionale, ils reviennent au grand jour.

Toujours légèrement chaotiques.

Toujours largement inexpliqués.

Toujours parfaitement eux-mêmes.


La Choule : Le jeu qui commence comme un sport et se termine comme une histoire ⚔️

S’il fallait désigner une tête d’affiche aux Jeux Normands, ce serait celui-ci.

La choule est l’un des plus anciens jeux traditionnels normands, pratiqué depuis des siècles dans le Cotentin et plus largement en Normandie, et elle se situe quelque part entre sport organisé et chaos maîtrisé.

Le mot lui-même vient du verbe normand « chouler », qui signifie se bousculer.

Ce qui est… tout à fait exact.

Le jeu se pratique avec une balle en cuir — traditionnellement remplie de foin ou de son — et oppose deux équipes qui tentent de déplacer cette balle jusqu’à une zone cible définie.

Cette cible peut être marquée par des poteaux.

Ou un drapeau.

Ou, dans certains cas, un étang.

Oui. Un étang.

L’objectif consiste à « noyer » la choule.

Ce n’est pas une métaphore.

La partie commence lorsque deux joueurs s’élancent pour prendre possession de la balle au signal de l’arbitre.

À partir de là, le jeu se déroule en plusieurs phases :

D’abord, prendre le contrôle — ce qui implique souvent de bloquer des joueurs qui ont peut-être la balle… ou peut-être pas.

Puis progresser — en utilisant les pieds et les mains pour faire avancer la balle.

Enfin, marquer — amener la balle dans la zone cible et l’y maintenir suffisamment longtemps pour que le point soit validé.

Des règles existent.

Elles sont respectées.

La plupart du temps.

Les joueurs peuvent être bloqués même sans être en possession de la balle. Les passes vers l’avant sont autorisées. Si vous êtes retenu alors que vous portez la balle, vous disposez de quelques secondes pour la relâcher sous peine de perdre la possession.

Historiquement, certaines parties pouvaient mobiliser des villages entiers.

Des centaines de joueurs.

Et, parfois, certaines conséquences.

À tel point qu’en 1369, le roi Charles V interdit le jeu sur les terres royales.

Ce qui paraît être une réaction plutôt énergique.

Les récits ultérieurs ne contribuent pas vraiment à apaiser les choses non plus.

En 1555, Gilles de Gouberville raconte avoir reçu un coup si violent au cours d’une partie qu’il perdit temporairement la vue et dut être ramené chez lui.

Ce qui remet assez efficacement en perspective les blessures du football à cinq moderne.

Aujourd’hui, la choule a été réorganisée.

Les matchs se jouent généralement avec une vingtaine de joueurs. Les règles sont plus claires. Les arbitres existent.

Il existe même des compétitions organisées, notamment le championnat de Normandie de choule à la crosse.

Mais l’essentiel n’a pas changé.

Le jeu reste physique. Reste stratégique. Reste suffisamment imprévisible pour maintenir tout le monde en haleine.

Et lorsque vous le voyez pratiqué — vraiment pratiqué — vous comprenez très vite qu’il ne s’agit pas d’une démonstration.

C’est quelque chose qui compte encore pour ceux qui y jouent.


La Tèque : Le jeu normand qui refuse discrètement de devenir du baseball 🏏

La tèque est l’un de ces jeux qui semblent familiers pendant une trentaine de secondes.

Puis ce n’est plus le cas.

À la base, il s’agit d’un jeu territorial de balle et de batte pratiqué en Normandie depuis le Moyen Âge, toujours enseigné dans les écoles de la Manche et souvent décrit comme un lointain cousin du baseball ou du cricket.

Cette comparaison aide… brièvement.

Parce que dans sa structure, il fonctionne de façon très différente.

Il n’y a pas de duel fixe entre lanceur et frappeur comme dans les sports modernes. Aucune séparation nette des rôles. Aucune séquence de jeu bien ordonnée qui permette de comprendre facilement ce qui se passe depuis le bord du terrain.

À la place, le jeu tourne autour de la frappe de la balle, de la conquête du terrain et du fait d’empêcher l’équipe adverse de reprendre efficacement le contrôle.

Et « empêcher efficacement » peut signifier exactement ce que vous imaginez.

Les joueurs qui attendent leur tour peuvent activement gêner le retour de la balle — retarder, entraver, compliquer.

Ce qui ajoute une couche de chaos tactique que les sports modernes ont largement éliminée.

L’équipement est simple :

Une balle (souvent semblable à une balle de tennis), une surface de frappe (batte, planche ou raquette) et des bases matérialisées.

L’objectif est de marquer des points en progressant autour de ces bases, idéalement en réalisant un tour complet.

Le système de points suit une logique qui paraît familière mais légèrement décalée :

Des points sont attribués pour chaque base atteinte, avec des bonus pour un tour complet effectué sans interception ni touche.

L’équipe en défense cherche à intercepter, renvoyer et finalement arrêter les coureurs — parfois en interrompant physiquement le déroulement du jeu.

Et c’est là qu’intervient le lien avec les Vikings.

On considère largement que la tèque descend du knattleikr, un jeu de balle viking pratiqué lors de rassemblements tels que l’Althing.

Ce qui explique la dimension physique.

Et le peu de souci accordé à l’élégance des choses.

Cela explique également pourquoi la Normandie — peuplée par des populations nordiques — a conservé des versions de ces jeux alors que d’autres régions les ont progressivement perdus.

Ainsi, lorsque vous voyez un groupe d’écoliers de la Manche jouer à la tèque avec une assurance totale, vous n’assistez pas à un simple jeu de cour de récréation simplifié.

Vous regardez quelque chose qui a survécu pendant près de mille ans… et qui n’a toujours pas été entièrement domestiqué.


Les Quilles du Cotentin : Trois quilles, un lancer et une discrète dose de pression 🎯

À première vue, les quilles du Cotentin paraissent rassurantes de simplicité.

Trois quilles. Une boule. Faites-les tomber.

Simple.

Jusqu’à ce que vous essayiez réellement.

Connu localement sous le nom des « trois sœurs » (treis soeus), ce jeu est pratiqué dans tout le Cotentin depuis des générations, notamment autour de Bricquebec, Montebourg et Valognes.

L’équipement à lui seul indique qu’il ne s’agit pas d’un simple passe-temps.

Les quilles atteignent environ la mi-cuisse et sont traditionnellement fabriquées dans des bois durs comme le chêne, l’orme ou le châtaignier.

La boule pèse entre 3 et 5 kilos et comporte souvent des emplacements pour les doigts ainsi que des renforts métalliques.

Ce n’est pas quelque chose que l’on lance négligemment.

L’objectif consiste à faire tomber les trois quilles en un ou deux lancers.

Le système de points varie selon les formats, mais un modèle courant fonctionne ainsi :

Un point par quille, sauf si les trois tombent ensemble — ce qui rapporte quatre points.

Si vous faites tomber les trois dès le premier lancer, vous obtenez une seconde occasion de recommencer.

Ce qui paraît généreux jusqu’à ce que vous réalisiez à quel point ce premier lancer est difficile.

La technique compte davantage que la force.

Un lancer bien placé, visant les deux tiers supérieurs de la première quille, peut provoquer une réaction en chaîne qui renverse les trois.

Un lancer légèrement de travers ne produit… absolument rien.

Le jeu est également associé à une longue tradition de paris.

Les joueurs misaient sur des résultats précis — faire tomber certaines quilles ou obtenir des résultats particuliers en un nombre donné de lancers.

Et puis il y a le « rabouleu » — la personne chargée de rapporter la boule.

Traditionnellement rémunérée par un petit pourcentage des mises.

Ce qui constitue discrètement l’un des meilleurs rôles de toute l’affaire.

Des compétitions modernes existent toujours, souvent organisées lors des manifestations estivales, avec des manches structurées, des éliminations et des systèmes de points.

Mais l’ambiance du jeu n’a pas changé.

Lorsqu’un joueur s’avance pour lancer, tout ralentit légèrement.

Les gens regardent.

Et ensuite — quel que soit le résultat — ils en discutent comme s’il avait toujours été parfaitement évident de savoir ce qui aurait dû se produire.


Carambole, Bastringue et Quilles à la Potence : Quand la géométrie rencontre les paris 🎲

Certains jeux normands ne reposent pas uniquement sur l’habileté.

Ils reposent sur les angles.

Et parfois, sur la chance.

La carambole en est l’un des meilleurs exemples.

Jouée sur une planche en bois dotée d’une rigole inclinée ou mobile, elle consiste à guider une boule vers les quilles selon des trajectoires très précises afin de maximiser le score.

Le système de points est étonnamment subtil :

Si la quille centrale tombe seule en premier — cela vaut dix points.

Si elle tombe avec d’autres au premier lancer — six points.

Si elle tombe plus tard — quatre.

Les quilles extérieures rapportent des points progressifs selon le nombre qui tombent ensemble.

Ce qui signifie que vous ne cherchez pas simplement à faire tomber des quilles.

Vous cherchez à les faire tomber de la bonne manière.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.

La grande carambole et la bastringue développent cette même idée.

Configurations différentes, dispositions de quilles différentes, mais toujours le même principe fondamental — contrôler la trajectoire, gérer le rebond et comprendre le comportement de la planche.

Dans certaines versions, la boule doit rebondir avant d’atteindre les quilles.

Dans d’autres, la disposition impose un jeu indirect.

Et historiquement ?

Il s’agissait de jeux de paris.

Pratiqués dans les foires, dans les arrière-salles des cafés, parfois pour des mises modestes… parfois pour des sommes nettement plus conséquentes.

Les quilles à la potence apportent une variation supplémentaire.

Des quilles suspendues ou disposées de manière à exiger des lancers précis, souvent avec des manches éliminatoires ou des systèmes de points.

Les règles peuvent varier.

Ce qui est parfaitement dans l’esprit de la maison.

Mais l’objectif reste constant :

Toucher ce que vous avez l’intention de toucher.

De préférence dès la première tentative.

Parce que la seconde tentative s’accompagne généralement de commentaires.


Palets, Galoche et Bouchon : La précision déguisée en simplicité

Si la choule représente le chaos et les quilles le contrôle, ces jeux se situent discrètement quelque part entre les deux.

Le palet consiste à lancer des disques métalliques vers une cible — souvent une « pinoche » en bois surélevée entourée de pièces.

Le but est de toucher la cible, disperser les pièces et placer son palet suffisamment près pour marquer des points.

Le système de points devient étonnamment technique :

Faire tomber proprement la cible — des points.

Projeter des pièces hors du cercle — davantage de points.

Placer son palet avec précision — encore plus de points.

Tout manquer ?

Eh bien… c’est aussi un résultat possible.

La galoche repose sur le même principe.

Un cylindre en bois contient des pièces. Les joueurs lancent des palets pour le renverser et remportent les pièces selon leur proximité.

C’est un mélange d’adresse, de jugement et de confiance tranquille dans le fait que l’on sait parfaitement ce que l’on fait.

Ce qui est souvent une erreur.

Le bouchon (ou pilette) ajoute encore une autre variation — en mettant l’accent sur l’impact contrôlé et la dispersion des éléments à partir d’un point central.

Tous ces jeux ont un point commun.

Ils paraissent extrêmement abordables.

Jusqu’au moment où votre première tentative produit quelque chose de totalement inattendu.

À partir de là, tout le monde devient soudainement très investi dans votre progression.

Et par investi, je veux dire amusé. 😄


Jeux Vikings : Là où l’histoire de la Normandie devient plus ancienne (et légèrement compétitive) ⚔️

Il est facile d’oublier — ou du moins de minimiser — à quel point l’identité normande est profondément liée à ses racines vikings.

Mais lorsque l’on s’intéresse aux jeux traditionnels pratiqués en Normandie, notamment dans le Cotentin et le long de la vallée de la Seine, ces liens apparaissent très clairement.

Certains de ces jeux ne sont pas simplement « inspirés » de la culture viking.

Ils en sont les descendants directs.

Le kubb est probablement le plus reconnaissable.

Pratiqué sur l’herbe, sur le sable ou partout où l’on peut tracer un rectangle approximatif sans trop de protestations, il oppose deux équipes qui lancent des bâtons de bois pour renverser des blocs (kubbs) avant de tenter d’abattre le « roi » central.

Les règles sont structurées, mais l’expérience est tout sauf rigide.

Les lancers alternent. Les blocs sont repositionnés. Le terrain évolue légèrement au fil de la partie.

Et lorsqu’une personne renverse accidentellement le roi trop tôt — ce qui arrive plus souvent que quiconque ne veut l’admettre — la partie se termine immédiatement.

Généralement avec un niveau de déception qui paraît légèrement disproportionné.

Le hnefatafl se situe à l’opposé du spectre.

Il s’agit d’un jeu de stratégie sur plateau vieux de plusieurs siècles, souvent comparé de loin aux échecs, mais avec des rôles asymétriques.

Un joueur défend un roi qui tente de s’échapper vers les coins du plateau.

L’autre encercle et capture.

C’est calme. Réfléchi. Tactique.

Et pourtant, c’est tout aussi intense que ce qui se déroule dans un champ voisin.

Puis il y a le tireli — moins connu du grand public, mais sans doute l’un des plus satisfaisants à observer.

Un petit projectile en bois est frappé à l’aide d’un bâton et envoyé dans le territoire de l’équipe adverse.

L’objectif est la distance, le contrôle et le placement — idéalement dans un endroit difficile à renvoyer.

C’est un mélange d’habileté, de timing et d’acceptation du fait que parfois, la chose ne part tout simplement pas là où on le souhaitait.

Ce qui, une fois encore, paraît parfaitement dans l’esprit du sujet.


Jeux de cafés et d’auberges : Là où les choses deviennent discrètement sérieuses 🍺

Si les jeux de plein air sont une affaire de mouvement et d’espace, les jeux de café sont une affaire de maîtrise.

Et, parfois, de retenue.

Pas toujours, cependant.

Ces jeux étaient traditionnellement pratiqués dans les cafés, les auberges et les arrière-salles de toute la Normandie — souvent autour d’un verre, souvent avec de petites mises et presque toujours avec la forte impression que quelqu’un autour de la table savait exactement ce qu’il faisait.

Ferme la boîte — plus connu sous le nom de shut the box — est l’un des plus reconnaissables.

Un jeu de dés dans lequel les joueurs tentent de « fermer » des clapets numérotés grâce à différentes combinaisons de lancers.

Simple en théorie.

Discrètement frustrant en pratique.

La bézette ajoute une autre dimension.

Les joueurs commencent avec un certain nombre d’anneaux. Les lancers de dés déterminent si ces anneaux sont posés, transmis ou perdus.

C’est rapide. Légèrement chaotique. Et suffisamment imprévisible pour convaincre tout le monde qu’il est sur le point de gagner.

Ce qui est rarement le cas.

La boule de hasard ramène les choses vers l’adresse physique.

Pratiquée sur une planche en bois inclinée, elle consiste à placer une boule dans des zones de score.

Certaines versions incluent une « banque » — autrement dit la maison — ce qui augmente légèrement l’enjeu et introduit une dynamique qui ressemble davantage à une négociation qu’à une simple partie.

Et puis il y a les étrangetés plus discrètes.

Carambole à gouttière. Triboulette. Le « jeu du camembert ». La poule à dominos perchée au-dessus d’un comptoir et conservant les pièces entre deux parties.

Aucun de ces jeux n’a été conçu pour le spectacle.

Tous ont été conçus pour être pratiqués.

Ce qui explique pourquoi ils le sont encore aujourd’hui.


Force, équilibre et jeux qui semblaient être une bonne idée sur le moment 💪

Certains Jeux Normands assument pleinement le défi physique.

Aucune finesse. Aucune subtilité. Rien que de l’effort.

Lancer de rondins. Courses de tonneaux. Tir à la corde au-dessus de l’eau. Épreuves d’équilibre sur poutres.

On trouve même parfois un mat de cocagne — cette épreuve de poteau graissé qui apparaît régulièrement lors d’événements comme les célébrations du 14 juillet.

L’objectif est simple.

Atteindre le sommet.

La méthode est… moins évidente.

Les courses de tonneaux (courses de tonneau) figurent parmi les autres grands classiques.

Les équipes poussent des tonneaux sur un terrain irrégulier tout en essayant de conserver le contrôle, la direction et leur dignité.

La réussite se mesure au temps.

L’échec se mesure aux éclats de rire.

Généralement ceux des spectateurs.

Ces jeux apparaissent souvent lors des fêtes de village, des manifestations agricoles et des rassemblements de toute la Manche — dans des lieux comme Lessay, Gavray ou de plus petites communes où les traditions font toujours pleinement partie du calendrier.

Ils ne sont pas mis en scène.

Ils sont simplement intégrés.


Petit retour à la réalité depuis Nicorps

Maintenant, la partie honnête.

Parce que c’est là que les attentes et la réalité prennent discrètement des chemins différents.

À Nicorps, nous ne voyons en réalité pas beaucoup de ces jeux lors de nos propres événements locaux.

Notre vide-grenier ? Pas de choule.

Les apéros soirées ? Pas de courses de tonneaux. Ce qui vaut probablement mieux pour tout le monde.

Ce que nous avons, en revanche, c’est la pétanque — qui appartient clairement à la même grande famille des activités consistant à « lancer quelque chose, l’examiner attentivement et prétendre que tout était parfaitement intentionnel ». Même si j’ai découvert, en participant à l’un des concours de pétanque semestriels de l’Auberge de Brothelande, qu’il y avait à Nicorps deux champions de France !

Ce qui semble tout à fait approprié.

C’est plus calme ici. Plus discret. Moins théâtral.

Mais le lien avec ces traditions existe toujours — il s’exprime simplement différemment.

On m’a également fait comprendre — avec une certaine fermeté — que si les Jeux Normands arrivaient un jour à Nicorps, je ne devrais pas y participer.

Il paraît que je suis « assez dangereux » au bowling.

Et presque meurtrier aux fléchettes.

Une histoire de mes réflexes d’ancien lanceur de javelot adolescent qui reprennent le dessus… avec pour conséquence des fléchettes lancées si fort qu’on a l’impression qu’elles ont traversé la cible pour aller se ficher dans le mur derrière.

Ce qui, il faut bien l’admettre, n’est pas idéal.

Alors oui.

Je participerais absolument.

Mais uniquement si toutes les personnes présentes ont signé une décharge et se tiennent à une distance de sécurité respectable. 😇


Où croiser réellement les Jeux Normands dans la Manche

Ces jeux ne vivent pas dans un seul endroit.

Ils apparaissent.

Vous les trouverez lors des fêtes de village, des foires agricoles comme celle de Lessay, des festivals locaux dans tout le Cotentin, des journées du patrimoine, des événements scolaires et des démonstrations organisées par des associations régionales.

Parfois, ils constituent l’attraction principale.

Le plus souvent, ils sont simplement… là.

Un peu à l’écart. Discrets. Totalement authentiques.

C’est précisément pour cette raison qu’il est si facile de passer à côté lorsque l’on suit un itinéraire trop rigide.

Et exactement pourquoi ils méritent d’être découverts.


Pourquoi séjourner juste à l’extérieur de Coutances change tout

C’est là que l’emplacement de notre gîte devient discrètement un véritable avantage.

Ces moments ne sont pas soigneusement programmés.

On ne les réserve pas à l’avance.

On tombe dessus.

Séjourner juste à l’extérieur de Coutances, dans la campagne de la Manche, vous offre cette flexibilité.

Vous pouvez partir le matin avec un plan approximatif, découvrir quelque chose d’inattendu, rester aussi longtemps que vous le souhaitez… puis repartir à votre rythme.

Retrouver l’espace. Le calme. Un vrai repas.

Pas de files d’attente. Pas de pression. Pas besoin de consacrer une journée entière à quoi que ce soit.

Et cet équilibre — entre découverte et retour au calme — est ce qui rend un séjour ici véritablement ressourçant.

Pas simplement chargé d’activités.

🧭 Cette page fait partie de notre série Normandie hors des guides – La vie dans la Manche — qui explore les lieux authentiques, les traditions et la vie quotidienne dans la région.

Réflexions finales

Les Jeux Normands ne sont pas policés.

Ils ne sont pas simplifiés.

Ils ne s’expliquent pas eux-mêmes.

Et c’est précisément pour cela qu’ils comptent.

Parce qu’ils vous montrent la Normandie telle qu’elle est réellement.

Habitée. Complexe. Légèrement imprévisible. Parfaitement à l’aise avec l’idée de ne rien mettre en scène pour personne.

Si vous vous retrouvez au bord d’un champ, observant quelqu’un préparer un lancer tandis qu’un petit groupe débat — calmement mais fermement — pour savoir si cela comptait ou non…

Restez.

Parce que ce n’est pas un spectacle.

C’est simplement la Normandie qui fait du normand. 🍏

Si ce guide vous a aidé à comprendre que la Normandie est faite pour vous, nous serions ravis de vous accueillir dans notre coin paisible de la Manche, lamas compris.

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