Festival Under Grange, Manche : comment une idée d’anniversaire est devenue un manifeste (et pourquoi on espère tous qu’il continue) 🎶🌾

✔ Festival musical rural indépendant · ✔ Artistes locaux et émergents · ✔ Hip-hop, punk, électro et scènes alternatives
✔ Écologie, inclusion et accessibilité au cœur du projet · ✔ Porté par la communauté · ✔ En lutte pour faire exister 2026

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Première publication : janvier 2026

Certains festivals commencent par des levées de fonds, des études de faisabilité et une stratégie de sortie bien définie.

Under Grange a commencé avec un groupe d’amis qui fêtaient leurs quarante ans et voulaient célébrer ça en musique.

Ce qui, honnêtement… semble assez logique. 🎂🎶

Quelque part entre « on invite quelques groupes » et « il va peut-être falloir plus de toilettes », un véritable festival est né — solidement ancré dans la campagne de la Manche et porté par des gens qui ne cherchaient pas à créer une marque, mais quelque chose de cohérent.

Si vous vous êtes déjà demandé ce qui se passe quand la créativité locale, l’optimisme obstiné et la Normandie rurale se rencontrent… voilà la réponse.


D’un studio à Montpinchon à un festival dans un champ

Au cœur d’Under Grange, il y a la rencontre entre l’association 2049 et le Studio La Grange.

Le Studio La Grange est un studio de production musicale basé à Montpinchon — un vrai lieu de création, pas une vitrine léchée — un endroit où la musique se fabrique, se discute, se retravaille et se joue fort.

Il s’inscrit pleinement dans la géographie quotidienne du sud de la Manche : le même réseau de villages, de routes et de bourgs qui comprend Coutances, Gavray, Cerisy-la-Salle et la campagne environnante.

C’est important, parce qu’Under Grange n’est pas un événement parachuté. Il naît des mêmes réseaux locaux, des mêmes amitiés et de cette pollinisation créative qui façonne discrètement la vie culturelle ici toute l’année.

Avec l’association 2049 — qui soutient les artistes locaux, organise des événements culturels et œuvre pour un accès plus large à la culture — l’idée d’Under Grange a pris forme.

Pas comme une fête ponctuelle, mais comme quelque chose de plus réfléchi.

Soutenue par un collectif de citoyens engagés, parfois militants mais toujours discrets, l’intention était claire dès le départ : promouvoir la culture, respecter l’environnement et inclure activement les personnes en situation de handicap dans la vie du festival.


La première édition du Festival Under Grange : 31 août 2024

La première édition du Festival Under Grange a eu lieu le 31 août 2024.

Sept groupes étaient programmés. Trois scènes ont été montées. Près de dix heures de musique live étaient prévues.

Ambitieux ? Oui.

Totalement irréaliste ? Étonnamment, non.

Dès 18 heures, le site proposait bien plus que des concerts. On y trouvait de la sérigraphie, un photobooth, des tatouages, une friperie solidaire, des cosmétiques bio, des stands de CBD et même un salon de coiffure mobile.

Un camping était mis gratuitement à disposition, car ici l’accessibilité ne concernait pas seulement les scènes et les espaces — mais aussi la possibilité, très concrète, de pouvoir rester.

L’ensemble ressemblait moins à un événement clé en main qu’à une expérience collective.

Et surtout : ça a fonctionné.

L’ambiance était détendue, curieuse, légèrement chaotique dans le meilleur sens du terme — le genre de soirée où l’on arrive pour un groupe et où l’on repart avec plusieurs nouvelles découvertes et l’idée un peu floue de « revenir demain », même s’il n’y a pas de lendemain.


De grandes valeurs, appliquées concrètement

Les valeurs d’Under Grange n’étaient pas décoratives.

L’écologie était prise au sérieux dès le début, avec le tri des déchets, des toilettes sèches et des produits issus de circuits locaux.

L’inclusion a été abordée de la même manière, de façon pratique et concrète.

Un groupe de percussions et une troupe de clowns composés de personnes en situation de handicap ont ouvert le festival. D’autres ont participé à l’organisation, au montage et au démontage.

Ce n’était pas présenté comme quelque chose d’exceptionnel.

C’était considéré comme normal.

Et franchement, c’est exactement le but.

Cette approche correspond bien à la Manche : discrète, pragmatique, doucement progressiste et plus attachée à l’action qu’aux discours.


Le cadre : une ferme bio, de la boue et des vaches

Le festival s’est tenu sur trois hectares de terrain prêtés à l’événement par la ferme biologique de La Prioudière — une ferme en activité qui produit des fromages bio à partir du lait de ses propres vaches.

Ce n’était pas la campagne comme décor.

C’était la campagne avec sa boue, ses animaux, ses rythmes et ses limites.

Accueillir un festival ici demandait de la confiance, de la coopération et la volonté de travailler avec ce que la terre pouvait supporter.

Là encore, très représentatif de la Manche. 🌱

Si vous attendez des pelouses impeccables et un terrain parfaitement plat, ce n’est sans doute pas votre festival. Si vous aimez une culture ancrée dans le réel, vous vous y sentirez à l’aise.


La deuxième édition : août 2025 (plus grande, plus large… et plus humide)

La deuxième édition d’Under Grange a eu lieu en août 2025 et a été pensée comme un événement sur tout un week-end.

Des concerts étaient programmés les vendredi et samedi soirs, avec des activités pour les familles et les enfants tout au long de la journée du samedi.

Le site était ouvert et gratuit le samedi de 11 h à 17 h, avec un spectacle de clown, un atelier de fabrication de marionnettes et une douzaine d’exposants.

Deux scènes musicales ont été installées, dont une scène principale sous un chapiteau pouvant accueillir plus de 1 000 personnes.

Sept groupes par soir. Des concerts de 19 h à 3 h du matin.

Comme l’expliquait alors l’organisateur Anthony Fouchard, le Festival Under Grange n’est pas seulement un événement — c’est un manifeste. Un plaidoyer pour une culture libre, accessible et inclusive, où chaque artiste et chaque festivalier peut trouver sa place.


Quand la réalité (et la météo) s’en mêlent

Et puis il y a eu la pluie.

Pas une petite averse. Pas un orage spectaculaire. Juste une pluie persistante, pénétrante, épuisante — celle qui s’infiltre partout et refuse poliment de partir. 🌧️

La fréquentation a nettement chuté.

Pour atteindre l’équilibre financier, le festival avait besoin d’environ 700 personnes.

Environ 500 sont venues.

Le résultat a été un déficit — non pas dû à une mauvaise gestion ou à des excès, mais à des circonstances que toute personne vivant ici connaît trop bien ; même en Normandie, cette quantité de pluie lors du dernier week-end d’août était, disons-le franchement, excessive.


Ce qui s’est passé ensuite en dit long

C’est généralement à ce moment-là que les petits festivals disparaissent discrètement.

Ici, l’association 2049 a choisi la transparence.

Une campagne de financement participatif a été lancée pour couvrir le déficit de la deuxième édition et donner au festival une chance de continuer.

Au moment de la rédaction de cet article, environ 55 % du déficit a déjà été comblé.

Ce n’est pas rien.

Avec de nouveaux dons et le concert de soutien prévu, il y a un véritable espoir de voir une troisième édition en 2026.

Mais ce qui frappe le plus, c’est la réaction.

Artistes, bénévoles, habitants et soutiens se sont mobilisés — partageant les liens, achetant des billets, parlant du festival et affirmant clairement qu’ils ne veulent pas le voir disparaître.

Dans une région où la notion de communauté a encore un vrai sens, cette détermination collective semble parfaitement naturelle.


✨ Un concert de soutien, et beaucoup de détermination ✨

Un concert de soutien aura lieu le samedi 7 mars 2026, de 19 h à 4 h du matin, à la salle Le Triangle à Thèreval.

Avec une programmation complète, un bar et un restaurant sur place, et des tarifs accessibles, l’objectif est simple : réunir les fonds manquants et maintenir la possibilité d’une édition 2026.

Chaque billet, chaque présence, chaque partage compte réellement.

Venir, c’est soutenir. Danser, c’est résister. 💃🕺


Pourquoi tout cela nous semble si proche

Quand on vit ici, Under Grange ne donne pas l’impression de se dérouler « ailleurs ».

Le Studio La Grange à Montpinchon est à quelques minutes. Cerisy-la-Salle — où se trouve d’ailleurs notre médecin de famille — est à environ quinze minutes en voiture de notre gîte.

Tout cela fait partie du même paysage quotidien.

Pour les personnes qui séjournent chez nous, des événements comme Under Grange font partie des grands atouts de cette partie de la Normandie : on peut soutenir une culture locale porteuse de sens sans subir de longs trajets, de grandes villes bondées ou une logistique compliquée en fin de soirée.

On participe, puis on retrouve le calme de la campagne, le ciel noir et un lit qui ne vibre pas au rythme des basses à 3 heures du matin.

Et s’il pleut ? Au moins, vous n’avez pas à monter une tente. 😄


À qui ce festival (et cette région de Normandie) s’adresse

Under Grange plaira aux voyageurs qui aiment une culture locale, imparfaite et authentique. Si vous appréciez la musique indépendante, les événements portés par la communauté et les lieux où les valeurs comptent plus que le vernis, ce festival — et la Manche en général — pourrait bien vous correspondre.

Cette région convient à celles et ceux qui acceptent d’échanger des attractions clinquantes contre de la profondeur : une alimentation issue des fermes voisines, de la musique dans des lieux inattendus, des conversations avec les habitants et des expériences qui se vivent plutôt qu’elles ne se consomment.


Regarder vers l’avenir (les doigts croisés)

Il y aura peut-être, ou peut-être pas, une troisième édition du Festival Under Grange en 2026.

Tout dépendra de la capacité à combler le déficit restant — et du nombre de personnes qui décideront que ce type de festival mérite d’exister.

Pas de promesses. Pas de battage médiatique.

Juste beaucoup de gens qui essaient, tranquillement, de faire en sorte que ça fonctionne.


Conclusion

Under Grange n’est pas lisse.

C’est boueux, dépendant de la météo, financièrement fragile et émotionnellement investi comme les grands festivals se l’autorisent rarement.

Mais c’est aussi sincère.

Ça rappelle que la culture n’appartient pas uniquement aux grandes salles ou aux formats sécurisés et prévisibles.

Parfois, elle se trouve sous une grange, sur une ferme biologique, portée par une communauté, des convictions et une musique très, très forte.

Et parfois, c’est exactement là qu’elle doit être. 🎶


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